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    Silver Economie et Services Publics

    Silver Economie et Services Publics

    20.06.2017 Parlement Européen

     

     

    MEP Jean-Paul DENANOT, Président du Groupe de Travail sur les Services Publics

    MEP Heinz K. BECKER, Vice-Président de l’intergroupe sous-groupe sur le vieillissement actif et la solidarité intergénérationnelle 

    Ettore MARCHETTI, Commission Européenne, DG EMPL European Commission, DG EMPL – Service C.2 : Modernisation des systèmes de protection sociale

    Hélène PAULIAT, Présidente de l’ONG EUROPA

    Elisabetta ZANON, Directrice, Bureau National Health Service (UK) Europe

    Nick GULDEMOND, Coordinateur, Partenariat de l’innovation européenne sur le vieillissement actif et en bonne santé

    Lambert VAN NISTELROOIJ, Président de l’intergroupe sous-groupe sur le vieillissement actif et la solidarité intergénérationnelle

     

    Jean-Paul Denanot a introduit la conférence en rappelant l’importance de la question du vieillissement et de son impact sur le service public, tant dans la prise en charge des personnes dans des établissements spécialisés, que dans la possibilité pour les personnes âgées de garder une certaine autonomie dans leur environnement habituel. Le vieillissement actif est également une question d’ordre territorial dans la mesure où l’on ne vieillit pas de la même manière si on vit en ville ou à la campagne, et une question économique car la silver économie a pour objectif de faire participer le troisième âge à l’économie européenne.

    Heinz K. Becker a rappelé que dans un futur proche vivre jusqu’à 100 ans ne serait plus une exception. L’enjeu du XXIème siècle est à la fois de travailler plus longtemps afin d’assurer la soutenabilité des systèmes de protection sociale, et dans de bonnes conditions. Le vieillissement des populations est souvent vu comme une crise menaçant l’économie et la sécurité sociale, mais c’est au contraire une opportunité de taille pour nos sociétés. La silver économie devrait être perçue comme positive pour le marché du travail ainsi que pour la consommation. Les entreprises européennes devraient de ce fait créer un nouveau marché spécifiquement dédié à la silver économie. De plus en plus de personnes âgées veulent travailler, mais font face à un manque de formation continue. Il est important de renforcer les politiques de formations pour développer le potentiel de ces générations. Nécessaire est également la prise en compte de la complémentarité, et non la concurrence, entre l’emploi et des travailleurs âgés. Une certaine flexibilité dans les méthodes de travail et les modèles de carrières et de retraites est un impératif car c’est un changement de paradigme qui doit s’opérer dans les systèmes de santé afin de faire de la prévention une priorité politique.

    Ettore Marchetti a évoqué l’importance que revêt la silver économie pour la Commission Européenne et de la prise en compte des besoins en services spécifiques pour les personnes âgées au niveau européen dès 2012. À ce titre, l’Index du vieillissement actif a pour but de mesurer les politiques mises en place par un État et ses collectivités territoriales pour les personnes âgées afin de les rendre indépendants et actifs. Consciente de l’opportunité que représente le fait que la population européenne vive plus longtemps et en meilleure santé, la Commission Européenne a lancé des programmes comme le Partenariat de l’innovation européenne sur le vieillissement actif et en bonne santé ou encore l’Initiative pour le tourisme sénior. Grâce aux informations fournies par Eurostat, la Commission a pu constater que les besoins diffèrent des autres tranches d’âges de la population, mais également du fait qu’il subsiste un grand écart entre les sexes dans la mesure où les retraites sont différentes entre les hommes et les femmes. Un soutien particulier doit donc être fourni pour les femmes âgées. Vivre plus longtemps et en bonne santé implique alors la reconnaissance de nouveaux droits pour les personnes âgées.

    Hélène Pauliat a ajouté que tenter de définir la silver économie revient à s’interroger collectivement sur l’impact sur nos sociétés, leur organisation politique, économique et sociale d’un phénomène démographique peu ou pas anticipé. La silver économie doit être définie comme une politique publique et menée en tant que telle. Cela nécessite alors de développer une offre de services dédiés aux personnes âgées partout en Europe, et plus particulièrement dans les zones rurales. Cette politique publique de la silver économie doit être une politique globale et cohérente, tant sur les sujets de santé que de mobilité ou de logement. La question des droits à la sphère privée est une question qui se pose tout autant que l’usage des services publics pour répondre à ces enjeux. Il est nécessaire de prendre en compte cette double dynamique des seniors entre la mise en place de services publics pour aider ceux qui travaillent pour les seniors et les seniors qui travaillent. La place des services publics dans la silver économie est alors corrélée à l’acceptation par les pouvoirs publics de cette idée de service social d’intérêt général pour les personnes âgées.

    Elisabetta Zanon a montré que les frais en soin de santé augmentent nettement à partir de l’âge de 50 ans, et qu’il est alors important de créer un système intégré de protection sociale qui comprend des besoins différenciés en fonction de l’âge. Elle a également insisté sur le vieillissement du personnel de soins, qui ne doit pas être vue comme une contrainte mais plutôt comme une force compte tenu de l’expérience, du savoir-faire et de la résistance au stress qu’acquièrent ces professionnels au cours de leur carrière. Le rôle des partenaires sociaux est primordial dans la constitution de la silver économie, car celle-ci doit être perçue au niveau européen comme transsectorielle. Des réseaux d’échange d’innovations ont été créés par la NHS afin de partager les bonnes pratiques en lien avec le Partenariat de l’innovation européenne sur le vieillissement actif et en bonne santé comme les Small Business Research Initiative.

    Nick Guldemond a pour finir rappelé que le plus grand challenge qu’implique la mise en œuvre de la silver économie est le passage d’une reconnaissance institutionnelle à un nouveau paradigme social. Dès lors, l’enjeu est d’avoir une approche préventive dans la manière d’envisager les besoins des personnes âgées, et surtout d’une approche inclusive qui comprenne l’ensemble des secteurs d’activités présents dans la société. Bien qu’il reste encore beaucoup à faire pour atteindre ce nouveau paradigme, le Partenariat de l’innovation européenne sur le vieillissement actif et en bonne santé a d’ores et déjà montré son efficacité par le biais des plus de 1000 organisations (ministères, régions, universités, entreprises) qui y prennent part. Le cœur du succès de cette initiative réside dans l’interopérabilité nécessaire pour faciliter ces collaborations.

    Lors du débat a été souligné le rôle d’incitatrice et de facilitatrice que doit jouer la Commission Européenne pour favoriser les solutions et innovations au niveau local, régional et national en matière de silver économie. Parmi les initiatives cherchant à valoriser au niveau européen ces exemples locaux, on peut citer le Silver Economy Awards, organisé par la Plateforme AGE, et permettant de mettre à l’honneur des innovations numériques en matière de silver économie.

    Lambert van Nistelrooij a conclu en rappelant les différences territoriales entre l’urbain et le rural, l’est et ouest de l’Europe. Afin de garder cette Europe unie, il est important de donner les capacités financières nécessaires aux régions pour le développement de la silver économie.